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Response by Aase Vig Berget to the article by Ignace Rakoto "De la vocation ..."
Par Aase Vig Berget.
Des réflections sur la question de missionnaire/ethnographe – implique-t-elle une contradiction, un dilemme ou un synthèse libérateur?
Dans le chapitre 3, «L’éveil du chercheur ethnographe», Ignace Rakoto en fait des remarques. Comme lui, Sophie et moi, nous avons trouvé qu’à partir du rapport daté 30.12.87, Vig semble changer de ton, en ton plus optimiste. La période de crise des années 1885-86 étant terminée, la situation s’était bien sûr améliorée. Mais à part de cela, on peut noter un changement d’attitude. Tout enthousiasmé, il raconte à Valen, même à Hovedbestyrelsen de son recueil d’ody, de mythology. Bien évident, il s’agit de «L’éveil du chercheur ethnographe». Et, bien avant Malinowski, Vig s’installe à Masinandraina en vrai anthropologue de modèle classique, de méthode d’observateur participant, entouré par ses informants otochtones. (On peut noter que Malinowski, interné aux îles Trobriande en 1914-, vivait chez un missionnaire, qui pratiquait déjà la méthode dans son travail). Son attitude au peuple change de manière remarquable . Il semble avoir trouvé une clef pour ouvrir le coeur des Malgaches, pour connaître leur mode de pensée. Il n’est plus un étranger. Il ne parle plus de leurs modes de vie de ton frustré et plaintif. Il les voit dans la lumière de leurs traditions. Par la distance qu’offre la connaissance, il les voit aux prémisses valables à eux au lieu de celles des Européens. – Mais cela ne veut pas dire qu’il aie perdu de vue sa vocation d’évangélisation. J’ai scruté ses écrits sans en trouver des traces d’un conflit entre LV le missionnaire et l’ethnographe. Tout au contraire. Les deux semblent former un tout, le modéle naturel à lui d’un missionnaire. En lisant la collection de ses rapports, nous suivons le drame d’un homme qui lutte pendant une dizaine d’années pour trouver son style de travail – de frustration à délivrance. (Sophie, on pourrait le dire ainsi??).
Ignace Rakoto pose la question si LV, à l’égard de l’utilisation de ses recherches dans son travail, allait jusqu’au point de le faire pour ses prédications. Nous n’avons pas ses sermons. Mais, en lisant «L’idée de sacrifice ..», on pourrait dire oui. Il y présente systématiquement le phénomène de sacrifice en faisant un parallèle entre celui des Malgaches avec ceux de l’ Ancien et le Nouveau Testament. Ceci, paraît-il, pour montrer l’affinité entre les cultures diverses. Par la phrase initiale du livre, il annonce: «L’idée de sacrifice, on la trouve chez tous les peuples.» Avec conviction, il recommende aux collègues d’utiliser pédagogiquement leurs connaissances de la culture otochtone. Surtout pour éviter des malentendus.
Dans ce contexte de rencontre des cultures, il pourrait être opportun de se noter des réfléctions qu’en fait LV dans «Sur la femme malgache» (chap.3). Il y analyse les nouvelles conditions de femme que crée la civilisation européenne – les dés/avantages de «la double situation». Il se soucit du danger moral que présente la présence du grand nombre d’Éuropéens ( comme au rapport 15.08.98). Il constate cependant que les bienfaits qu’avaient apporté le christianisme – du côté moral, ainsi qu’économique (par l’éducation, l’habilité de coudre) – auraient pu leur être favorable. L’évangélisation étant venue en même temps, Vig semble trouver que le christianisme pourrait aider le peuple à s’adapter à la civilisation. Et encore, il conclue en présentant la photo d’une jeune femme coiffée à l’européenne (aux tresses, sans ody) et habillée en lamba traditionel: le modèle d’un synthèse idéal. - L’idée de synthèse semble faire appel à LV. La possibilité d’unir des éléments apparamment opposés – pour un caractère en même temps aimable et intransigeant (à l’égard des questions de valeurs, souvent appelé par des collègues d’un «frère d’armes» ) – le modèle de missionnaire/ethnographe lui semble être le modèle libérateur.
Et, finalement, n’oublions-nous pas qu’il s’agit ici d’un homme très conscient de la valeur des connaissances, de l’éducation. Lui-même, le fils d’un colporteur de livres, qui avait laissé tout pour sa passion pour des livres. Les jeunes hommes de son temps, venant des régions de la côte ouest du pays, les fils de paysans et pêcheurs, d’intérêt intellectuel, n’avaient que la possibilité de faire des études de théologie. Lars Vig avait certainement la vocation de missionnaire (le réveil des années de 1850 -). Mais en missionnaire, il avait,en plus, la joie de cultiver ses dons intellectuels en découvrant les richesses cachées dans la culture malgache. Et encore, la joie de le faire avec ses (seuls) collaborateurs malgaches, qu’ il respectait pour leur sagesse et connaissance.
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